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Présentation

  • : Association Femmes
  • : L’Association Femmes milite pour l’acquisition de l’autonomie. Elle lutte pour les droits des femmes pour une société laïque et égalitaire, du droit à la contraception, à l’avortement, à la libre disposition de son corps, à l’égalité dans le monde du travail, à la représentativité dans la vie politique et citoyenne. Elle lutte contre les violences physiques, sexuelles et morales exercées contre les femmes, la prostitution subie ou forcée.
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Préambule

 

Depuis plus de quarante ans, dans la plupart des pays développés, des femmes se sont regroupées pour revendiquer un statut d'égalité avec les hommes, et pour obtenir des droits spécifiques tels le droit à l'IVG.

 

Dans des pays plus troublés, de nombreuses femmes voient leurs droits niés, et leur corps caché, puisqu'honteux objet de désir, marchandisé, violé. Le viol et l'enlèvement des femmes sont redevenus des armes de guerre qui ne suscitent ue de brèves indignations. Pourtant, malgré les dangers auxquels elles s'exposent, certaines ont le courage de mener un combat pour exister en tant que femmes, souvent dans la clandestinité et au prix de leur liberté ou de leur vie.

 

Ce sont des « féministes », vocable générique prononcé avec ironie, méfiance, mépris, haine ou revendiqué comme label exclusif par certains mouvements, comme s'il y avait un féminisme certifié et un féminisme usurpé.

 

Depuis quarante ans, thèses et débats se multiplient sur le thème :

« Qu'est-ce-qu'être une femme ? »

« Que signifie être féministe aujourd'hui ? »

 

Et si finalement, l'absence de réponse formatée à cette question c'était cela, le féminisme du XXI° siècle ?

 

Loin de l'activisme des mouvements institutionnels (qui ont cependant l'immense mérite de hisser le débat à un niveau politique), naît un féminisme pluriel qui n'a pas besoin de définition officielle pour exister.

 

Il est le fait de jeunes femmes créatrices, artistes, chanteuses, réalisatrices, humoristes, journalistes, blogueuses, dont la démarche provocatrice rejoint celle du MLF brûlant des soutien-gorges en 1970.

 

Toutes ces jeunes femmes, qui ont grandi dans la culture – souvent factice - du « girls power » des années 90 ne se posent pas la question de leur légitimité. Elles œuvrent pour un féminisme un peu foutraque, aux formes aussi différentes qu'il existe différentes femmes, différentes féminités, et dans un seul but : l'égalité de droits et de traitement entre les deux sexes.

 

Et, faisant du sexisme ordinaire leur cheval de bataille, elles s'interrogent sur les réseaux sociaux ou dans leurs spectacles, articles... sur les questions d'identité, de genre, sur les normes et créent ainsi un féminisme vivant éloigné des dogmes.

 

Les théories, les manifestes, les recherches philosophiques, sociologiques, les engagements associatifs et politiques ont ouvert la voie et sont indispensables aujourd'hui encore pour porter une revendication collective.

 

Mais, pour vivre, le féminisme doit être bousculé, banalisé, désacralisé, et chaque femme doit pouvoir se l'approprier, sans connaître obligatoirement les théoriciennes du genre.

 

L' Association Femmes, qui a fêté il y a quelques années ses trente ans, est consciente de cette évolution. Aucune de ses membres ne définirait probablement « son » féminisme de la même manière. Nulle ne se fait d'illusions : pas plus que l'engagement syndical ou politique, le militantisme féministe ne se vit dans une gaie sonorité d'idées et de points de vue. Il se heurte souvent à la réalité.

 

Mais nous toutes, femmes de l'Association, nous voulons faire vivre nos convictions dans un engagement permanent où nous n'aurons ni à nous justifier, ni à nous excuser d'être, encore et toujours, femmes, féminines et féministes.

 

I. HISTORIQUE

 

Le groupe "Femmes" s'est créé en 1975 sur l'initiative de femmes de tous horizons engagées dans le combat féministe.

Souhaitant concrétiser leur réflexion, elles se sont constituées en 1979 en association, l'Association Femmes en détresse, pour ouvrir un centre d'accueil destiné aux femmes en situation de difficultés sociales, familiales et psychologiques.

En 1997, l'association a adopté de nouveaux statuts rendus nécessaires d'un point de vue juridique, dans le cadre de la lutte contre les actions des commandos anti-IVG menées par le docteur DAUR.

Elle est devenue l' "Association Femmes", soulignant ainsi que, si les femmes, du fait d'une violence sociale et familiale, sont souvent victimes, elles ne le sont pas par essence.

 

II. MISSIONS

 L'Association s'est fixé les missions suivantes, précisées par ses statuts :

 

"Indépendante de tout parti politique, l'Association :

- milite pour l'acquisition de l'autonomie par et pour toutes les femmes,

- lutte en faveur des droits des femmes pour une société laïque et égalitaire, du droit à la contraception, à l'avortement, à la libre disposition de son corps, à l'égalité dans le monde du travail, à la représentativité dans la vie politique et citoyenne,

- lutte contre les violences faites aux femmes dans le monde du travail,

- lutte contre les violences physiques, sexuelles et morales exercées contre les femmes en France et ailleurs, la prostitution subie ou forcée, le harcèlement sexuel, l'usage sexiste de l'image de la femme, la ségrégation scolaire,

- lutte pour la reconnaissance de toutes les sexualités et toutes les identités,

- gère des établissements qui permettent à des femmes en situation de rupture,  d'isolement, de danger physique et moral, de retrouver un équilibre et de se prendre en charge,

- aide les femmes à retrouver une place active dans la société (intégration professionnelle, intégration dans son quartier...).


III. GESTION DES ETABLISSEMENTS ET STRUCTURES

 

L'Association a ouvert en février 1982 le C.H.R.S. Louise Michel pour accueillir des femmes avec ou sans enfant, en situation de rupture, d'isolement, victimes ou non de violences physiques ou morales, à partir de 18 ans.

En octobre 1996, elle ouvre un second établissement, la Maison Parentale Pauline Roland, pour accueillir des femmes enceintes et des mères isolées avec enfants de moins de 3 ans en difficultés sociales, familiales et psychologiques, à partir de 16 ans.

La mission de ces deux établissements est de mettre en place les moyens permettant aux femmes de réaliser un projet de vie et de s'insérer dans la société dans une perspective d'autonomie.

Il était donc pertinent que l'Association Femmes se voit vu confier la gestion de ces deux centres par les pouvoirs publics.

C'est aussi, parce que Louise Michel et Pauline Roland se sont en leur temps engagées dans la lutte politique et sociale en faveur des femmes que leur nom a été retenu par l'Association pour chacun des deux centres.

En 2011, après un regroupement des établissements dans un même lieu, rue Cotis Capel, l'Association ouvre un Atelier d'Adaptation à la Vie Active, le restaurant "Le Telles Qu'Elles" pour permettre aux femmes hébergées dans les structures de prendre ou reprendre pied dans la vie professionnelle.

L'année suivante, elle met aussi à disposition de femmes, sans domicile d'accueil après un séjour à l'hôpital, des lits pour achever leur convalescence.

 

IV. ORIENTATIONS FONDAMENTALES

Elles visent à fédérer les valeurs associatives et les valeurs professionnelles des équipes éducatives travaillant dans les établissements et les structures.

Le séjour des femmes dans les établissements gérés par l'Association doit leur permettre d'acquérir les moyens de faire leurs propres choix d'autonomie.

Il doit leur donner les moyens de réfléchir pour mettre en place leur projet de vie, avec ou sans enfant, avec ou sans compagne ou compagnon. Nous ne souhaitons pas confiner la femme dans son rôle unique d'épouse ou de mère. Il ne s'agit évidemment pas de nier les relations homme/femme ou mère/père/enfant, mais de rappeler que la famille traditionnelle n'est pas l'unique image de référence. Il nous faudra donc veiller à ne pas appliquer des modèles figés sexistes, familialistes ou imposés par les politiques sociales fluctuantes et très liées aux idéologies dominantes. Au contraire, l'Association veille au respect de toutes les sexualités et toutes les identités. Dans cette optique, tous les choix de vie seront respectés, dans la mesure où ils ne mettent en danger ni la femme ni les enfants.

Le séjour dans l'une des structuress est un temps permettant à la femme de :

- réévaluer ses expériences,

- faire l'apprentissage de nouveaux comportements,

- se percevoir positivement,

- acquérir des compétences professionnelles

- décider de nouveaux choix de vie.

Il ne s'agit pas d'un assistanat mais d'un accompagnement éclairé dans le respect de la femme et de ses choix.

Le travail éducatif permettra aux femmes d'atteindre les objectifs précédemment cités. Il s'appuiera sur l'environnement de la femme hébergée et de ses enfants, sur l'accueil et l'écoute de sa famille élargie, de sa compagne ou de son compagnon, père ou non des enfants.

 Toutefois, le conventionnement du C.H.R.S. et de la Maison Parentale précise quels sont les publics accueillis.

 Aussi bien ce conventionnement que les choix militants de l'Association excluent l'hébergement des pères, des compagnes ou compagnons ou autres membres de la famille.


 V. PERSPECTIVES

 

L'Association Femmes est avant tout militante. En collaboration avec les équipes éducatives, elle initiera ou soutiendra toute action en direction de la police, de la justice, de la santé, des organismes de formation scolaire ou professionnelle...

Pour les femmes non hébergées dans nos structures ou appartenant au monde rural, l'existence d'un lieu d'écoute, d'informations juridiques, médicales, thérapeutiques correspond à un fort besoin local. Des projets ont déjà été soumis aux organismes de tutelle et reste une priorité pour l'association qui souhaite pouvoir toucher, avec des antennes mobiles, un public isolé.

L'Association souhaite également que soient renforcées les actions menées auprès des femmes pour favoriser leur insertion professionnelle pendant leur séjour. Dans ce cadre, un Atelier d'Adaptation à la Vie Active a été ouvert en 2011. L'Association souhaite pouvoir faire reconnaître en tant que qualification professionnelle l'expérience qu'elles y ont acquise.

Au vu des difficultés dans leur mode de garde d'enfants pour les familles mono-parentales, l'Association porte également le projet de l'ouverture d'une crèche à horaires atypiques. Le premier public concerné par ces problématiques (travail du dimanche, emplois tôt le matin ou tad le soir...) étant principalement les salariées femmes

Enfin, pour augmenter son efficacité et son poids politique dans le cadre de la réunion des  deux Normandie et des restructurations budgétaires, l'Association envisage de se féderer avec deux autres associations bas normanddes (gérant aussi des CHRS) dont elle partage les valeurs

 

 VI. CONCLUSION

 Les valeurs fondamentales qui ont présidé à l'ouverture des premières structures restent les mêmes : respect des femmes et des enfants accueillis, aide à la (re)construction de la personne, acquisition de l'autonomie, valorisation de soi, insertion dans la société.

Malheureusement si les lois existent, le changement dans la situation quotidienne des femmes est d'une extrême lenteur, faute d'une réelle volonté politique et d'une véritable évolution des mentalités.

Par ailleurs, dans un contexte européen nombres d'exemples montrent que les acquis en matière de droits des femmes restent précaires et sont remis en question.

Il appartient aux associations féministes de rester vigilantes.

 

 

 

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